Petit plaisir

farces-et-attrapoemes-pef Passer à côté de la bibliothèque à midi et s’y arrêter. Pour le plaisir. On a juste une réservation à aller chercher et déjà atteint le quota de livres que l’on peut emprunter. Mais comment résister à une ballade au pays des livres. Et pourquoi résister. Musarder dans les rayons. À l’étage des livres pour enfants, rayon « humour », s’horrifier en feuilletant un livre sur les « animaux inutiles » qui détaille 1000 et 1 façons de les écrabouiller… puis débusquer un livre de Sempé et un de Pef. Perchée sur une jambe, façon flamand rose, se délecter du Pef en le parcourant directement sur place, entre les rayonnages, puis se poser à une table pour déguster l’ouvrage de Sempé, qui porte bien son nom et invite à se poser et apprécier : Luxe, calme et volupté. Se dire qu’il est encore trop tôt pour quitter cette caverne d’Ali baba. Grimper au dernier étage et entrer plus en profondeur dans la section discographie à peine effleurée la fois précédente. S’émerveiller devant le puits sans fond de délices et découvertes musicales à venir. Repérer le dernier CD d’un des groupes favoris d’une amie et sourire par anticipation en pensant au plaisir qu’on aura à lui faire écouter. Partir enfin. Se décoller. En se disant que, forcément, on va revenir. Plaisir.

Les mains occupées

Si tu n’as pas le temps, c’est que tu es déjà mort, dit un proverbe. Mais si je n’ai pas « eu le temps » de passer ici, c’est que j’avais les mains occupées ailleurs…

J’ai les mains qui me démangent, des envies de créer moi-même. D’apprendre à me servir de mes pognes pour faire des objets, recycler, bricoler..

Et voici mon chien de bas de porte « fait maison ». Avec quelques chaussettes orphelines, car par un étrange mystère leur moitié a la fâcheuse habitude de fuguer entre le panier à linge et la machine à laver, qui retrouvent une utilité, réunies par mes mains piquetées d’apprentie-cousette. Et un vieux coussin dédaigné éventré pour donner forme à mon toutou. Et quelques perles et bouton perdus, rangés dans ce fameux pot avec tous ces objets gardés au cas où et qui ne servent presque jamais, qui lui dessinent un minois.

Et le voilà qui monte férocement la garde contre les courants d’air… Mais qu’il n’effraie pas les éventuels lecteurs passés en coup de vent !

Comment n’en choisir que trois ???

A l’occasion du festival des mots libres, vous êtes tous invités
à venir partager les 3 livres que…

… vous voulez faire découvrir,
… vous emmèneriez sur une île déserte,
… vous auriez aimé avoir écrit,
… vous connaissez par cœur,
… vous gardez depuis toujours,
et qui vous ont fait grandir.

Bref, les 3 livres de votre vie.

Puis rendez-vous le 8 mai.
Des bibliothécaires dévoileront la liste de ces trésors et alors…
Place au dialogue !

AAAAAAAAAAAAARRRGGG !!!
Mais COMMENT on fait pour n’en sélectionner QUE trois ???

Les nominés :

Ils sont trop nombreux…
Comment les évoquer sans écrire un pavé de 10 pages ?

Il y a des best-sellers comme « Running man » de Stephen King, « Les fourmis » de Bernard Werber, « Les enfants de la terre » d’Auel, « Félidés » d’Akif Pirinçi, « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, Boris Vian et son « Ecume des jours », des Roald Dahl, tous les « Calvin & Hobbes »…

Il y a « Como agua para chocolate » de Laura Esquivel, un roman d’amour cuisiné que j’ai lu d’une traite et terminé à une heure avancée de la nuit. Il y a « La vague » de Todd Strasser, et son authentique expérience sur le fascisme à faire froid dans le dos.Ah et  « Le vieux qui lisait des romans d’amour » de Luis Sepulveda, à l’écriture si humaine, empathique, simple et profonde. Comme ne pas nominer aussi « Le petit prince » de Saint Exupéry ? Je pense aussi à « La semaine du rabbin » d’Harry Kemelman, et son Rabbin Small qui m’a presque donné envie de devenir juive.

Il y a des souvenirs d’enfance. L’odyssée d’Homère, qui me faisait rêver quand j’étais petite. « Les piliers de la terre » de Ken Follet, que m’avait offert mon bouquiniste préféré quand j’étais ado. « La belle lisse poire du prince de mot tordu » de Pef, que l’instituteur nous avait lu. Ou encore « Croc blanc » de Jack London, que j’ai lu un milliard de fois quand j’étais petite.

Et les vainqueurs :

  • « A quoi rêvent les loups » de Yasmina Khadra, qui retrace le parcourt d’un terroriste
  • « Kétala », de Fatou Diome, un livre magique où les objets retracent la vie de leur maîtresse décédée et où l’on butine de réflexions philosophiques en jolis mots d’esprit.
  • « Les chemins de Damas » de Pierre Bordage, un noirissime roman d’anticipation
  • « Le mur invisible » de Marlen Haushofer, l’histoire d’une femme seule au monde à la campagne après une catastrophe naturelle
  • « Sous le signe du lien » de Boris Cyrulnik, qui décortique nos étranges comportements d’humanoïdes
  • « Les arcanes du chaos » de Maxime Chattam, un délicieux thriller politique paranoïaque

Merde, ça fait six…
Allez, à vous de vous essayer au jeu de 3 !