Cela faisait longtemps que je n’avais haï personne…

Et si je poussais un longue plainte haineuse cachée sous la morsure éblouissante de mon poétisme amateur ?*

Tu es belle
A l’intérieur

Non, ne souris pas, maline
Ta dentition chevaline
Est certes belle, admettons,
Mais d’une certaine façon :
Que chaque dent
Prise séparément

Ta grimace hypocrite
Je te félicite,
Est du plus bel effet.
Oui, exact, à gerber.

Tu es belle
Mais qu’à l’intérieur
Et jusqu’au cou
C’est tout !
Au delà, tu es vraiment transparente,
On voit l’intérieur… Y es-tu Dante ?

Non vraiment, je te le répète
Au dessus du cou, c’est bête,
L’enveloppe corporelle
Est à chier, que dire, à jeter
A ravaler ou à remplacer
Vite une poubelle !

Toujours amadoue
D’un grand décolleté
Pour bien surtout
Détourner l’attention
Sur tes beaux nénés
Refais, mais mignons

Et de grâce, ferme ta bouche
Nan, fais pas le gobe-mouche
Tu es née pour être poupée
Une émanation de papier glacé
Ne sois pas quiche
Sache, la godiche,
Y’a risque de nausée
Si on t’écoute parler

Comme t’as pas de tête, ni même de cervelet
Ne choisis pas la pilule. Sûr, tu vas l’oublier
Prends l’implant ou le stérilet
Ou les deux, ou mieux :
Fais-toi stériliser
Pardieu !

Sérieux… Fais grâce à l’humanité
De ne pas te reproduire. Aie pitié !

Trop tard ? C’est déjà fait ?
Putain, je comprend, ça y est :
Rien d’anormal
A ce que l’humanité
Aille si mal

Monde de tarés !

© Cartoonita – Land of Myself (Hatred) – 2009

* Allusion à Pierre Desproges et son
« Et si je poussais une longue plainte déchirante cachée
sous la morsure cinglante de mon humour ravageur ? »

PS : En réalité, c’est rien que des menteries. Je triche : je ne hais personne en ce moment. Misère de misère, je suis en panne de haine, qui l’eut cru ! Encore un drame dont le JT ne parle pas…

Elle est là

Elle est là
Tapie, attendant son heure
Elle exploite ses faiblesses
Profite de ses frustrations

Promesses de plaisir
Assurance de désir assouvi

Elle va lui mettre le grappin dessus
La tentation est trop forte
Il n’y a rien à faire
Me résigner

Elle est là
La fièvre acheteuse

© Cartoonita – Land of Myself – Mai 2009

La tour des fêlés

Ce soir, l’émission « Des racines et des ailes » de France 3 s’intéresse à un bout de ferraille qui ne m’a jamais vraiment intéressé. Alors plutôt que d’en parler, je partage avec vous le poème que Taslima Nasreen lui a consacré :

Vénération Priapique

Ils jettent leur argent
Et grimpent au sommet de la tour Eiffel,
Qui, tel un pénis en érection,
Aguiche les pèlerins en visite.

Le ciel cache son con-nuage humide,
Une queue fait palpiter les cœurs et les corps,
Et les pèlerins sont séduits par les couleurs tantôt noires,
Tantôt dorées qui se déploient au-dessus d’eux.

Je ne vénère aucune queue, pas même celle de Dieu !

Extrait de « Femmes, poèmes d’amour et de combat » de Taslima Nasreen
(traduction de l’anglais, disponible chez Librio pour 2€)

PS : Et pour la version audio, cliquez ici.

31 décembre

Chacun sa façon de fêter le 31 décembre. Ou pas. Cette fête ne me parle pas.
Alors je ne fais rien de spécial. Si, un petit poème, triste.

31 décembre…

31 décembre
Sur mon 31
Serein

31 descendre
Dans mon Maroc natal
Vents du Nord & du Sud m’appellent

31 des cendres
Poignées éparpillées aux vents
Mon fils qui pleure

31 deus sente
Dans les airs je tourbillonne
Tagut & Weming désormais me portent

© Cartoonita – Land of Myself
Décembre 2008, entre Courbevoie et les Deux-Sèvres

Dans le Sud marocain, Tagut est un vent froid, brumeux en provenance du Nord, Weming un vent du Sud, venant du désert, chargé de poussière et amenant un froid sec propice au rhume en hiver et une forte chaleur l’été. Atrim est un vent venant de l’Ouest, marin, associé à la pluie, le printemps, la vie.

PS : Personne n’est mort, c’est juste l’inspiration du moment…