Un conte au goût de Maroc pour le défi du samedi

Il était une fois un garçon appelé Bachir qui vivait il y a bien bien longtemps dans un petit village fort reculé du Maroc. Bachir était le fils cadet de la famille Bouzouk et bien que son prénom signifia « celui qui apporte la bonne nouvelle », le petit Bachir faisait le malheur de ses parents. Il ne voulait ni travailler aux champs avec son père ni aller à l’école. Il ne voulait pas non plus apprendre le métier de cordonnier auprès de son oncle maternel, et refusait pareillement de devenir apprenti-boucher chez son oncle paternel. Alors quand il entendait Tibiqcht gazouiller, il se cachait vite. Tibiqcht c’est une variété d’oiseau sauvage qui vit souvent dans les maisons et qui chante plus fort lorsque des visiteurs arrivent. Bachir aimait beaucoup le Tibiqcht qui vivait dans la maison de sa famille. En le prévenant, il échappait à son père ou au maître qui venait le chercher. Alors chaque matin, il n’oubliait pas de laisser une poignée de graines dans la cour, à l’endroit que Tibiqcht aimait particulièrement. Ce que Bachir aimait c’était de vadrouiller dans la nature avec sa fronde et tuer les oiseaux. Il était connu pour son talent à la fronde et se vantait qu’il n’y avait pas un seul oiseau qu’il n’ait déjà tué, à l’exception de Tibiqcht bien sur, l’oiseau sacré et précieux allié de sa fainéantise.

Lire la suite

Publicités

Défi du samedi en couleurs

Cette semaine, la consigne des Défis du samedi était :

A 23 heures, au moment d’aller se coucher, les douze crayons de couleur étaient sagement alignés dans leur pochette de plastique transparent. A 6 heures, au réveil, ils ne sont plus que onze. Vous avez une explication ! Ajoutez à cela qu’il vous faudra utiliser un adjectif de couleur différent dans chacune de vos phrases.

Sous ma plume, ou plutôt mon clavier, c’est devenu :

Mais qui a volé mon crayon ?

Papa, papa, je retrouve plus mon crayon vert pistache !

Allons blondinette, il doit être sur la table, avec les autres, regarde mieux, il doit pas être bien loin ce verdasseux… Tu l’aurais pas mis dans ton œil violet ?

Ben non einh, n’importe quoi, tu sais bien qu’ya déjà une poutre môrron.

Ah oui, c’est vrai, et aussi ton âne le rougeaud

C’est vrai, mon n’âne rouuuge ?? Il est là, je le cherchais partout, même au fond de mes paupières vert de terre !!

Bon retournons à nos crayons, nom d’un petit bonhomme et sa pipe ébène, allons voir s’il n’est pas dans le tableau

On peut rentrer dans un tablooooo ? dit la petite en écarquillant comme une huitre ses deux yeux violet et rouge coquelicot des champs

Oui, ma puce, c’est facile, il suffit de se tenir par le cadre et puis on entre tout simplement en commençant par la tête, et tes boucles blondes, allez donne moi ta mimine.

Tous deux sont alors entrés dans le tableau, abandonnant la pièce bleu feutré et les onze crayons.

Allons demander aux chevaux roux s’ils ont pas vu ton crayon

Ben, non ils sont trop loin, z’ont rien pu voir, pôpa, en plus ça parle pas les cheuvals et pis t’as vu comment qu’i nous rega’dent avec leurs grands z’yeux jaunes fou, i’ z’ont l’air michants !!

T’as raison, ’tite puce, allons plutôt voir la dame en gris, lui dit il en serrant plus fort la petite main qui s’agrippait à lui.

C’était une femme très vieille, tout habillée de gris, qui se balançait dans un rocking-chair marron peau de chèvre. Lorsqu’elle les vit s’approcher, elle toucha son pendentif en topaze bleu océan et leur dit :

Je sais tout, tout, tout, mais si tu veux que je parle, touche à la perle bleu chaton de mes mocassins.

Aussitôt demandé, aussitôt fait par la petite demoiselle aux bouclettes blé doré. Le visage fané de la vieille femme s’illumine alors de lueurs de toutes les nuances de bleu possibles et imaginables, du bleu aurore au bleu marine et même le très rare bleu nuage de petite pluie, et elle commence à raconter :

La coupable est une licorne qui venue ici la nuit dernière, elle a pris ton crayon entre ses dents ivoire et est partie comme elle est venue dans un nuage brillant comme le soleil de midi.

Une licooooorne, le cheval blanc avec une grande corne ???

Oui, c’est cela même ma petite, et va savoir pourquoi : peut-être voulait-elle d’un coup de crayon pastel réparer sa corne abimée ou souligner ses yeux de coquette…

Diantre, quelles voleuses ces licornes, elles ne sont pas blanches comme neige finalement ! dit le papa

Mais je veux mon crayon, dit la petite fille, qu’est-ce que je dois faire Madame Grisette ?

Ce soir, avant de te coucher, place sur la table une de tes dents de lait dans une petite assiette orange. D’ailleurs, je vois une de tes petites quenottes bigarrées qui gigote dans ta mignonne petite bouche, elle ne devrait pas tarder à tomber et elle est parfaite : elle est de la même couleur que ton crayon disparu !

Mais la petite souris verte….

Oui, il ne faut pas qu’elle s’en mêle celle-là, alors écoute bien ce que je vais te dire : tu vas dessiner un chat rouge colère et tu mettras ton dessin juste à côté de ta quenotte pour faire peur à la petite croque-quenotte gris tapis gris. Et maintenant partez, je suis fatiguée, je vais retourner à mes rêves bleus comme la mer apaisée.

Et ils partirent sur la pointe des pieds laissant Dame Gris-Bleu qui commençait à doucement s’assoupir. Aussitôt sortis du tableau, aussitôt à pied d’œuvre, pas de répit pour cette famille d’amateurs de crayons de toutes les couleurs ! Et zouh, un petit fil miel doré pour hâter la chute de la quenotte nécessitée. Et une feuille blanc crème fouettée fournie par le Papa pour le dessin de son petit Ange. La petite miss choisit le crayon noir foncé foncé parmi ses onze crayons de couleur rescapés puis s’attèle à sa tâche. En tirant sa petite langue rose fraise tagada, elle fait apparaître sur la feuille un gros matou avec de vilaines dents pointues à souhait.

Miaooooou, t’as vu ses grosses dents noirues papa ? (parce que c’est comme ça qu’on dit noir foncé foncé dans cette famille)

Ah oui ma chérie, cette nuit la petite souris, elle va rester dans son trou sombre à trembler sans oser sortir ! lui répondit son papa, en lui caressant la tête, comme moi je te caresse les cheveux maintenant. Il prit dans ses bras la fillette tellement fatiguée par sa journée pleine d’aventures qu’elle baillait comme un hippopotame fluo de la jungle d’Abbicypotamie et il l’amena dans son lit. Il remonta la couverture à carreaux jaunes spaghettis et jaune frites, lui fit un petit bisou tout doux, comme celui que je viens de déposer dans ton cou… Et le lendemain matin ? Et bien, les douze crayons de couleurs étaient là, sagement alignés dans leur étui jaune poussin !! Ah non, sauf un, un peu en biais, avec… regardons de plus près, mais oui, c’est bien ça, une trace de salive blanchâtre ! …la licorne ?!

© Cartoonita – Land of Myself

J’aime beaucoup aussi l’enquête de Fabeli, les explications de Tilu, le chantier de Val, l’odyssée zodiaquée de Joe Krapov… en fait un peu tous !

C’est ici que ça se passe : http://samedidefi.canalblog.com/