Femmes, d’Anibé

La blogueuse Val m’a convertie. Aux commentaires. Elle les aimait et les chérissait. Ils m’indifféraient. Et puis maintenant il m’arrive de cliquer sur le titre d’un article de presse surtout pour lire les commentaires des lecteurs, curieuse de savoir ce que les autres pensent, ressentent et réagissent à telle ou telle chose. Et aussi par moment pour y trouver l’intelligence, le bon sens, l’information qui manquent dans la plume de certains « journ@listes »…

Dans les commentaires, c’est parfois la foire d’empoigne, parfois drôle, parfois débile, parfois émouvant, parfois haineux, parfois passionnel, parfois des perles…

En dessous d’un article du Point complètement débile sur les femmes qui passeraient leur temps à mentir à leur patron pour pas aller bosser poussées par des impératifs domestiques, je suis tombée sur ceci :

La femme…!

Tôt levée, tard couchée
elle se tape toutes les corvées.
Travailler, rapporter sa paye
moins payée, jamais récompensée.
S’arrêter pour souffler,
histoire de recharger ?
Une journée de RTT,
pas payée, critiquée.
Des enfants s’occuper :
école, cuisine, santé…
responsabilités!
Et le mari aussi
à soigner, bichonner,
consoler, encourager,
flatter, câliner…
Et dans la chambre à coucher
commence la 3e journée.
Si elle craque, débordée,
elle sera remerciée, licenciée,
peut-être aussi divorcée.
Exploitée, pressurée,
citron pressé,
banane pelée,
bonne poire, potiche,
patate épluchée…
Femmes ! Arrêtez !
Dans vos mains
est votre destin :
réagissez !
les négriers,
envoyez-les péter !
;o)

Anibé

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La tour des fêlés

Ce soir, l’émission « Des racines et des ailes » de France 3 s’intéresse à un bout de ferraille qui ne m’a jamais vraiment intéressé. Alors plutôt que d’en parler, je partage avec vous le poème que Taslima Nasreen lui a consacré :

Vénération Priapique

Ils jettent leur argent
Et grimpent au sommet de la tour Eiffel,
Qui, tel un pénis en érection,
Aguiche les pèlerins en visite.

Le ciel cache son con-nuage humide,
Une queue fait palpiter les cœurs et les corps,
Et les pèlerins sont séduits par les couleurs tantôt noires,
Tantôt dorées qui se déploient au-dessus d’eux.

Je ne vénère aucune queue, pas même celle de Dieu !

Extrait de « Femmes, poèmes d’amour et de combat » de Taslima Nasreen
(traduction de l’anglais, disponible chez Librio pour 2€)

PS : Et pour la version audio, cliquez ici.